Configurer Azure 100 % gratuit : le guide « zéro frais »

Débutant 25 min de lecture 30 août 2026
Microsoft Azure : premiers pas et architecture pour bien démarrer
Photo : Cloud Computing par JD Hancock — CC BY 2.0, via Flickr / Openverse

Édition « zéro frais » — niveau débutant, très détaillé. Ce guide reconstruit les fondations d’Azure pour ASFY avec une contrainte stricte : rester sur des services gratuits, sans jamais accepter de frais. Il ne se contente pas de choisir l’offre gratuite au départ : il explique en détail comment Azure protège (et ne protège plus) contre la facturation selon le moment, et donne une liste précise des services qui restent à 0 euro indéfiniment. Portée : les fondations du tenant Azure (hors déploiement applicatif).

Attention — une vérité à connaître avant de commencerAzure offre une protection automatique et totale contre les frais uniquement pendant les 30 premiers jours (le « plafond de dépenses », détaillé à l’étape 3). Au-delà, il n’existe aucun interrupteur Azure qui bloque totalement la facturation — seulement des alertes et, avec un peu de configuration supplémentaire, des coupures automatiques partielles (étape 10). Rester à 0 euro dans la durée repose donc sur trois piliers combinés : n’utiliser que des services « toujours gratuits » (étape 8), surveiller activement (étape 9), et mettre en place des garde-fous supplémentaires (étape 10). Ce guide met en place les trois.

À propos des captures d’écran : elles proviennent de la documentation officielle Microsoft Learn (interface en anglais, comptes d’exemple « Contoso »). Les libellés en français du portail sont indiqués dans le texte ; la disposition des écrans peut légèrement évoluer avec les mises à jour du portail.

Prérequis

  • Une adresse email que vous contrôlez pour créer le compte administrateur (idéal : une adresse dédiée, par exemple admin@votre-domaine.fr, plutôt qu’une adresse personnelle).
  • Une carte bancaire : Azure la demande pour vérifier l’identité, même sur l’offre gratuite. Comme expliqué à l’étape 3, elle ne sera débitée que si vous choisissez vous-même de dépasser les limites gratuites — jamais automatiquement pendant les 30 premiers jours.
  • L’accès au Manager OVH pour la zone DNS du domaine asfy.fr (pour l’étape 4).
  • Un téléphone pour installer une application d’authentification (Microsoft Authenticator).
  • Environ 2 heures pour suivre l’ensemble de ce guide sans se presser : il est volontairement plus long qu’une version standard, car chaque mécanisme de protection contre les frais est expliqué en détail.

Vocabulaire de base (une phrase par terme)

Terme Explication simple
Tenant / Microsoft Entra ID L’annuaire qui liste les comptes autorisés à se connecter chez ASFY (ex-Azure AD).
Abonnement (Subscription) Le contrat qui reçoit la facture. Un tenant peut avoir plusieurs abonnements.
Groupe de ressources Un dossier logique qui regroupe des ressources liées entre elles.
SKU La « version » ou le niveau tarifaire d’un service (ex. App Service a un SKU Free, un SKU Basic, etc.). Choisir le bon SKU est la décision qui détermine si un service est gratuit ou payant.
Quota La quantité maximale d’un service que vous pouvez consommer gratuitement chaque mois (ex. 100 Go de bande passante). Au-delà, le comportement dépend du service : coupure automatique, ou facturation, selon ce que vous avez configuré.
Plafond de dépenses (spending limit) Le mécanisme Azure qui bloque toute facturation au-delà du crédit offert. Actif uniquement sur le compte gratuit des 30 premiers jours (détail à l’étape 3).
MFA Authentification multifacteur : mot de passe + code sur téléphone, pour se connecter.

Le schéma ci-dessous montre comment les quatre niveaux d’organisation Azure s’emboîtent.

Les quatre niveaux d’organisation Azure : tenant, abonnement, groupe de ressources, ressources Tenant Microsoft Entra ID asfy.fr — l’annuaire d’identité (un seul pour ASFY) Abonnement Azure ex. ASFY-Gratuit — le contrat de facturation Groupe de ressources ex. rg-asfy-free — un dossier logique de ressources liées Ressources App Service, base SQL, site statique…
Un tenant, un abonnement dédié au périmètre gratuit, un groupe de ressources, puis les ressources elles-mêmes.

Repère — la chronologie de la gratuité sur Azure

C’est le schéma le plus important de ce guide : il montre que le niveau de protection contre les frais change avec le temps, même si vous ne faites rien de particulier.

Chronologie de la gratuité : jours 1 à 30 avec plafond de dépenses, jour 30 à mois 12 avec alertes seulement, au-delà de 12 mois alertes et discipline Jours 1 à 30 Compte gratuit (essai) Crédit : 200 $ Plafond de dépenses actif PROTECTION AUTOMATIQUE Ressources coupées si 200 $ atteints. Jamais facturé. → Jour 30 à mois 12 Après passage en Pay-As-You-Go Services gratuits 12 mois + toujours gratuits ALERTES SEULEMENT Le plafond automatique disparaît ici. Budget = notification. → Au-delà de 12 mois Compte âgé de plus d’un an Seuls les ~65 services toujours gratuits restent à 0 € ALERTES + DISCIPLINE Rester strictement dans les quotas toujours gratuits (étape 8).
Le filet de sécurité automatique n’existe que pendant l’essai de 30 jours ; ensuite, tout repose sur le choix des services et la surveillance.
Compte gratuit (essai, 30 jours) Pay-As-You-Go (après mise à niveau)
Plafond de dépenses Actif. Facturation totalement impossible au-delà du crédit. Indisponible. Azure le dit explicitement : ce mécanisme n’existe pas sur cette offre.
Si vous dépassez un quota gratuit Les ressources concernées sont automatiquement arrêtées, jamais facturées au-delà du crédit. Vous êtes facturé au tarif standard, sauf si le service dispose de son propre interrupteur (ex. auto-pause SQL, étape 8).
Durée 30 jours à partir de la création du compte. Sans limite de temps — c’est l’état permanent recherché par ce guide.
Accès aux ~65 services toujours gratuits Oui. Oui, indéfiniment, même après 12 mois.
Note — ce que cela signifie concrètement pour ASFYPendant les 30 premiers jours, vous pouvez expérimenter presque sans risque : le plafond de dépenses est un vrai filet de sécurité. Passé ce délai, la mise à niveau vers Pay-As-You-Go est obligatoire pour continuer à utiliser Azure (même gratuitement) — mais elle retire le filet de sécurité automatique. C’est pour cela que les étapes 8, 9 et 10 de ce guide sont aussi détaillées : elles remplacent, du mieux possible, la protection perdue.

Étape 1 — Créer le compte, en choisissant bien l’offre gratuite

1.1 Aller sur la page d’inscription

Ouvrir azure.microsoft.com/fr-fr/free dans un navigateur. C’est le point d’entrée officiel qui pointe vers l’offre gratuite, contrairement à une inscription depuis le portail généraliste.

1.2 Se connecter avec un compte Microsoft

Utiliser de préférence un compte créé spécifiquement pour ASFY plutôt qu’un compte personnel. Un compte Microsoft ne peut bénéficier de l’offre gratuite qu’une seule fois : ne pas la « gaspiller » sur un compte de test.

1.3 Vérifier l’identité

Azure demande un numéro de téléphone et une carte bancaire. C’est une vérification anti-fraude standard : elle sert à confirmer que vous êtes une personne réelle, pas à autoriser un prélèvement. Tant que le plafond de dépenses (étape 3) est actif, aucun montant ne peut être prélevé sans action explicite de votre part.

1.4 Bien choisir l’offre — point le plus important de cette étape

Confirmer que l’offre sélectionnée est bien « Azure gratuit » / « Free Trial », et non « Pay-As-You-Go ». Les deux sont proposées sur certains parcours d’inscription. Seule l’offre gratuite active le plafond de dépenses de l’étape 3.

1.5 Nommer clairement l’abonnement

Dans le portail, renommer l’abonnement en quelque chose d’explicite, par exemple « ASFY-Gratuit », pour se souvenir qu’il doit rester dans les limites gratuites.

Recherche « Subscriptions » dans le portail Azure
Retrouver ses abonnements : taper « Abonnements » (Subscriptions) dans la barre de recherche du portail, puis ouvrir la ligne concernée pour la renommer.
Attention — comment vérifier après coup que vous êtes bien sur l’offre gratuitePortail Azure puis Abonnements. Si la ligne affiche « Essai gratuit » (ou un bandeau de crédit restant), le plafond de dépenses est actif. Si elle affiche directement « Pay-As-You-Go », vous n’avez pas cette protection — il n’est alors plus possible de revenir en arrière avec le même compte Microsoft.
Date d'expiration des avantages du compte gratuit
Sur la page de l’abonnement, Azure affiche la date d’expiration des avantages du compte gratuit : c’est la date à partir de laquelle le passage en Pay-As-You-Go devient nécessaire.

Étape 2 — Sécuriser immédiatement le compte administrateur

Danger — ne pas sauter cette étapeUn compte Administrateur général sans MFA (double authentification) est la première cause de compromission d’un tenant Azure — et un compte compromis peut créer des ressources payantes à votre insu. Cette étape doit être faite avant toute autre configuration.

2.1 Installer une application d’authentification

Installer Microsoft Authenticator (ou une autre application TOTP) sur un téléphone.

2.2 Activer le MFA sur le compte administrateur

Dans le portail Azure : Microsoft Entra ID → Utilisateurs → sélectionner le compte administrateur → Méthodes d’authentification → Ajouter une méthode → Application d’authentification. Suivre les instructions pour scanner le QR code.

Écran de vérification de sécurité supplémentaire proposant l'application mobile
Lors de la première connexion après activation, Azure demande d’enregistrer une méthode de vérification : choisir l’application mobile (Microsoft Authenticator).

2.3 Créer un compte de secours (break-glass)

Créer un second compte administrateur, utilisé uniquement en cas de blocage total (perte du téléphone). Lui donner un mot de passe long et unique, l’exclure de toute politique MFA future, et noter ses identifiants hors-ligne dans un endroit sûr.

2.4 Définir un mot de passe unique et fort pour le compte principal

Ne jamais réutiliser un mot de passe déjà utilisé ailleurs.

Étape 3 — Comprendre le plafond de dépenses (spending limit)

C’est le mécanisme central de ce guide. Le comprendre en détail permet de savoir exactement à quel moment votre protection change.

Comment il fonctionne pendant les 30 premiers jours

Dès la création d’un compte gratuit, Azure active automatiquement un plafond de dépenses égal au crédit offert (200 $). Ce plafond n’est pas une simple alerte : c’est un blocage technique. Tant qu’il est actif, il est impossible d’être facturé plus que ce crédit, quoi que vous fassiez dans le portail.

Bandeau de crédit restant et lien pour retirer le plafond de dépenses
Sur un abonnement à crédit, un bandeau affiche le crédit restant et propose de « retirer le plafond de dépenses » : tant que ce bandeau existe, la protection est active — ne jamais cliquer sur ce lien.

Ce qui se passe si vous atteignez le plafond

Les ressources que vous avez déployées sont automatiquement retirées de production : les machines virtuelles sont arrêtées et désallouées, les comptes de stockage passent en lecture seule. Azure envoie un email de notification. Aucune facture supplémentaire n’est émise.

Bandeau proposant de réactiver le plafond de dépenses
Si le plafond a été retiré sur une offre à crédit, un bandeau propose de le réactiver — ce choix n’existe pas sur une offre Pay-As-You-Go.

Ce qui se passe au bout de 30 jours, même sans atteindre le plafond

Le crédit expire. L’abonnement et ses services sont désactivés. Pour continuer à utiliser Azure — y compris pour utiliser uniquement des services gratuits — vous devez mettre à niveau l’abonnement vers Pay-As-You-Go.

Danger — le point critique à retenirLa documentation officielle Azure est explicite : le plafond de dépenses n’est pas disponible pour les abonnements Pay-As-You-Go. Dès que vous mettez à niveau (ce qui est nécessaire dès le jour 30 pour continuer), ce filet de sécurité automatique disparaît définitivement pour cet abonnement. À partir de là, rien n’empêche techniquement une facturation si vous créez, même par erreur, une ressource payante ou dépassez un quota gratuit sur un service qui facture automatiquement le dépassement.

La conséquence pratique pour ce guide

Comme il n’existe pas d’interrupteur Azure global pour un blocage à vie, la stratégie « zéro frais » après le jour 30 repose sur trois piliers, détaillés plus loin : n’utiliser que des services dont le SKU gratuit n’a pas de date d’expiration (étape 8), activer des alertes de budget à seuils très bas (étape 9), et, idéalement, une coupure automatique complémentaire (étape 10).

Avertissement d'achat Marketplace
Exemple d’avertissement affiché avant la création d’une image Marketplace payante : ce type de message est à lire systématiquement, il signale un service hors périmètre gratuit.

Étape 4 — Relier Microsoft Entra ID au domaine asfy.fr

Cette étape est gratuite quel que soit le type d’abonnement : Microsoft Entra ID de base (sans licence P1/P2) ne coûte jamais rien, y compris en Pay-As-You-Go.

4.1 Ouvrir les domaines personnalisés

Portail Azure → Microsoft Entra ID → Domaines personnalisés → Ajouter un domaine personnalisé. Saisir asfy.fr.

Page Domaines personnalisés avec le bouton Ajouter un domaine personnalisé
Microsoft Entra ID → Domaines personnalisés : le bouton « Ajouter un domaine personnalisé » ouvre le formulaire de saisie du nom de domaine.

4.2 Récupérer l’enregistrement TXT fourni par Azure

Azure affiche un enregistrement DNS de type TXT à créer, avec un nom et une valeur uniques au tenant ASFY.

Page du domaine avec l'enregistrement DNS TXT à créer et le bouton Vérifier
Azure affiche l’enregistrement TXT (nom, valeur MS=ms…, TTL) à recopier dans la zone DNS, puis le bouton « Vérifier » à cliquer une fois la propagation faite.

4.3 Ajouter cet enregistrement dans la zone DNS OVH

Manager OVH → Web Cloud → Noms de domaine → asfy.fr → Zone DNS → Ajouter une entrée → type TXT. Coller exactement le nom et la valeur donnés par Azure.

# Exemple d'enregistrement tel qu'affiché par Azure (valeurs à copier depuis le portail) :
Type  : TXT
Nom   : @ (ou asfy.fr selon l'interface OVH)
Valeur: MS=msXXXXXXXX
TTL   : 3600 (valeur par défaut, convient)

4.4 Attendre la propagation puis vérifier

La propagation DNS prend généralement quelques minutes à quelques heures. Revenir sur le portail Azure et cliquer sur Vérifier.

Attention — à ne pas confondreVérifier le domaine ne crée pas de boîte mail. Cela permet uniquement d’utiliser asfy.fr pour l’identité (la connexion). La messagerie professionnelle (Exchange Online / Microsoft 365) est un service payant séparé, hors périmètre de ce guide.

Étape 5 — Activer la sécurité de base du tenant

5.1 Activer les paramètres de sécurité par défaut

Microsoft Entra ID → Propriétés → en bas de page, Gérer les paramètres de sécurité par défaut → activer « Paramètres de sécurité par défaut » (Security Defaults). Cette fonctionnalité est entièrement gratuite : elle n’exige pas de licence Entra ID P1/P2.

Propriétés du tenant avec le volet Security defaults
Onglet Propriétés du tenant : le lien « Gérer les paramètres de sécurité par défaut » ouvre un volet où passer la valeur de « Désactivé » à « Activé », puis Enregistrer.

5.2 Vérifier le score de sécurité

Microsoft Entra ID → Vue d’ensemble. Cette lecture est gratuite et donne une photographie de l’état de sécurité du tenant.

Note — attention aux licences payantes proposées à côtéLe portail suggère souvent des licences Entra ID P1/P2 (accès conditionnel avancé, protection des identités). Ces licences sont payantes et ne font pas partie des services toujours gratuits. Les paramètres de sécurité par défaut de cette étape suffisent pour un usage ASFY sans budget dédié.

Étape 6 — Organiser les ressources dès le départ

Un tenant Azure sans organisation devient vite illisible, et il devient difficile de repérer une ressource qui aurait été créée avec le mauvais SKU (payant au lieu de gratuit).

6.1 Adopter une convention de nommage

Format recommandé : <type>-<projet>-<environnement>-<région>. Exemple : rg-asfy-free (groupe de ressources).

6.2 Créer un groupe de ressources dédié au périmètre gratuit

Par exemple rg-asfy-free. Isoler dans ce groupe uniquement des ressources dont le SKU est gratuit (étape 8). Si un jour une ressource payante est nécessaire pour un test, la créer dans un groupe séparé (rg-asfy-test-payant) pour ne jamais mélanger les deux périmètres.

Formulaire de création d'un groupe de ressources
Groupes de ressources → Créer : choisir l’abonnement, saisir le nom (ex. rg-asfy-free) et la région (France Central), puis Vérifier + créer.

6.3 Appliquer des tags systématiques

Chaque ressource devrait porter au minimum : Projet=ASFY, Environnement=Gratuit, Proprietaire=Admin-IT. Les tags permettent de filtrer les coûts par périmètre dans Cost Management et de repérer immédiatement une ressource hors périmètre.

Boîte de dialogue d'ajout de tags
Onglet Tags d’une ressource ou d’un groupe de ressources : chaque tag est un couple nom/valeur, à enregistrer après saisie.

Équivalent Azure CLI des étapes 6.2 et 6.3 (facultatif, le portail suffit) :

# Alternative en ligne de commande (Azure CLI), pour les utilisateurs à l'aise avec le terminal
az login
az account set --subscription "ASFY-Gratuit"

az group create \
  --name rg-asfy-free \
  --location francecentral \
  --tags Projet=ASFY Environnement=Gratuit Proprietaire=Admin-IT

az group list --output table

Étape 7 — Choisir la bonne région

7.1 Retenir France Central (Paris)

Le choix de la région n’a aucun impact sur la gratuité d’un service : un SKU gratuit reste gratuit dans n’importe quelle région où il est proposé. France Central est recommandée pour des raisons de conformité RGPD/CNIL (données hébergées sur le territoire européen) et de latence, pas de coût.

Note — limite à connaîtreCertains SKU gratuits (par exemple le SKU Free d’App Service) ne sont pas disponibles dans toutes les régions. Vérifier la disponibilité du SKU gratuit précis avant de valider une création.

Étape 8 — Rester strictement sur les services « toujours gratuits »

Azure propose plus de 65 services avec un montant gratuit chaque mois, sans limite de temps, disponibles quel que soit le type d’abonnement (y compris Pay-As-You-Go). C’est le pilier le plus important pour tenir la promesse « zéro frais » au-delà du jour 30. Le tableau ci-dessous détaille les services les plus utiles pour un usage ASFY, avec leurs quotas vérifiés sur la documentation officielle Microsoft.

Service Quota gratuit à vie Garde-fou anti-frais
App Service (SKU Free / F1) 60 min de CPU / jour, 165 Mo de bande passante / jour, 1 Go de stockage, pas de domaine personnalisé. En cas de dépassement, l’application est simplement mise en pause (erreur HTTP 403) jusqu’au renouvellement du quota. Jamais facturé.
Azure SQL Database (offre gratuite) 100 000 vCore-secondes de calcul, 32 Go de stockage de données, 32 Go de sauvegarde, par base (jusqu’à 10 bases par abonnement). À la création, choisir impérativement l’option « Auto-pause la base jusqu’au mois prochain » et non « Continuer avec facturation supplémentaire ». La première option garantit 0 euro même en cas de dépassement.
Static Web Apps (plan Free) 100 Go de bande passante / mois, jusqu’à 10 applications par abonnement, certificat SSL gratuit inclus. Pas de facturation au-delà du quota sur le plan Free : le dépassement de bande passante est simplement plus lent, pas facturé.
Microsoft Entra ID (Free) Annuaire, utilisateurs, authentification de base, MFA — sans limite de nombre d’utilisateurs pour les fonctions de base. Ne jamais activer une licence P1/P2 proposée en essai (elles se convertissent en facturation à la fin de l’essai).
Création d'une base Azure SQL avec le bandeau Free offer applied
Création d’une base Azure SQL : le bandeau « Free offer applied » confirme l’offre gratuite (100 000 vCore-secondes, 32 Go de données, 32 Go de sauvegarde par mois). Le comportement en cas de dépassement se règle dans la configuration avancée.

D’autres services sont également cités comme toujours gratuits par Microsoft, avec des quotas qui évoluent plus souvent : Azure Functions (plan Consommation, un volume d’exécutions gratuit chaque mois), Azure DevOps (5 utilisateurs, dépôts Git illimités), Azure Automation (minutes d’exécution gratuites chaque mois), Azure Monitor / Log Analytics (volume d’ingestion de journaux gratuit chaque mois). Comme ces quotas précis changent plus souvent que ceux du tableau ci-dessus, vérifier le chiffre exact sur azure.microsoft.com/pricing/free-services avant de s’appuyer dessus.

Danger — à éviter absolument pour un usage 100 % gratuitMachines virtuelles (y compris la B1S « gratuite » : elle ne fait partie que de l’offre 12 mois, pas des services toujours gratuits — passé 12 mois, elle facture silencieusement si elle tourne encore). Adresses IP publiques statiques, Load Balancer, Azure Bastion, VPN Gateway, ExpressRoute (facturés dès la création). Azure OpenAI et la plupart des services Cognitive Services (facturés à l’usage sans palier gratuit pérenne). Les plans de support payants (Developer, Standard, Professional Direct) — le plan Basic est gratuit et suffit largement. Les images payantes du Marketplace (signalées par un avertissement explicite avant la création, à lire systématiquement).

Étape 9 — Budgets et alertes renforcés

Danger — pourquoi ce point est encore plus important iciUne fois passé en Pay-As-You-Go, un budget n’est qu’une notification : il n’arrête rien tout seul. Il reste néanmoins la première ligne de défense pour détecter une erreur avant qu’elle ne coûte cher.

9.1 Créer un budget à seuil très bas

Portail Azure → Cost Management + Facturation → Budgets → Ajouter. Contrairement à un usage professionnel classique, fixer un montant volontairement bas, par exemple 5 euros par mois : sur un périmètre 100 % gratuit, atteindre ce montant signifie presque toujours qu’une ressource a été créée avec le mauvais SKU.

Formulaire de création d'un budget mensuel
Création du budget : périmètre (l’abonnement ASFY-Gratuit), nom, période de réinitialisation mensuelle et montant volontairement bas (ex. 5 €).

9.2 Multiplier les seuils d’alerte

Ajouter des seuils rapprochés : 20 %, 50 %, 80 % et 100 % de ces 5 euros, chacun envoyant un email à l’adresse administrative. Plus les seuils sont rapprochés, plus vite l’anomalie est repérée.

Conditions d'alerte du budget
Onglet des conditions d’alerte : une ligne par seuil (20 %, 50 %, 80 %, 100 %) avec le ou les destinataires email.

9.3 Vérifier manuellement chaque jour pendant les trois premières semaines

Portail → Cost Management → Analyse des coûts. Une vérification quotidienne pendant la phase de découverte permet de repérer une dérive avant qu’elle ne s’accumule sur un mois entier. Ensuite, un contrôle hebdomadaire suffit une fois l’environnement stabilisé.

Vue Analyse des coûts en coûts cumulés
Analyse des coûts, vue « coûts cumulés » : sur un périmètre 100 % gratuit, la courbe doit rester à zéro ; toute montée signale une ressource hors périmètre.

9.4 Activer Azure Advisor

Portail → Advisor → onglet Coûts. Signale automatiquement les ressources sous-utilisées ou mal dimensionnées.

Page d'accueil d'Azure Advisor
Vue d’ensemble d’Azure Advisor : les recommandations sont regroupées par catégorie, dont le coût.

Étape 10 — Automatiser une coupure de sécurité (avancé, optionnel)

Cette étape va plus loin qu’un simple email d’alerte : elle déclenche une action automatique lorsqu’un seuil de budget est atteint. Elle est optionnelle mais recommandée compte tenu de l’objectif « zéro frais ».

Le principe, en trois briques

  1. Un budget (étape 9) surveille les coûts.
  2. Quand un seuil est atteint, le budget appelle un groupe d’actions (Action Group) Azure Monitor.
  3. Le groupe d’actions déclenche une runbook Azure Automation (un script prêt à l’emploi existe dans la galerie Microsoft, « Stop Azure V2 VMs ») qui arrête les ressources concernées.
Rattachement d'un groupe d'actions à un budget
Dans le budget, la colonne « Groupe d’actions » permet de rattacher un Action Group à un seuil : c’est lui qui déclenchera la runbook d’arrêt.
Attention — limites honnêtes de cette protectionCe mécanisme est conçu avant tout pour les machines virtuelles : il peut les arrêter automatiquement. Il ne peut pas « arrêter » un App Service ou une base Azure SQL de la même manière (au mieux les redimensionner). Comme ce guide recommande justement de ne pas utiliser de VM (étape 8), cette automatisation reste surtout utile en filet de sécurité général, pas comme protection complète. Elle a aussi un délai : les données de coût Azure ne sont pas instantanées, il peut s’écouler plusieurs heures entre le dépassement réel et le déclenchement.

10.1 Suivre le tutoriel officiel

Microsoft publie un tutoriel complet pas-à-pas pour cette configuration (création du compte d’automatisation, import de la runbook, création du groupe d’actions, rattachement au budget). Plutôt que de reproduire ici des captures d’écran qui deviennent vite obsolètes, suivre : learn.microsoft.com puis rechercher « Manage costs with budgets » (cost-management-billing/manage/cost-management-budget-scenario).

10.2 Pour ASFY, une version simplifiée suffit

Si aucune VM n’est utilisée (recommandation de l’étape 8), il est possible de s’arrêter à l’étape 9 (budgets et alertes) sans mettre en place cette automatisation : le risque principal qu’elle couvre ne s’applique pas.

Étape 11 — Activer une sécurité minimale, plan gratuit uniquement

11.1 Activer Microsoft Defender for Cloud (plan gratuit)

Portail → Microsoft Defender for Cloud. Le plan gratuit (Foundational CSPM) est actif par défaut dès la première visite de cette page, quel que soit le type d’abonnement : il analyse la configuration et propose des recommandations, sans surcoût.

Page des plans Defender avec le bouton Enable all plans
Page « Defender plans » : seul « Foundational CSPM » doit être activé. Le bouton « Enable all plans » (encadré) active des plans payants après un essai de 30 jours — ne pas cliquer dessus.
Danger — piège fréquentLe portail propose fréquemment d’« activer tous les plans Defender » en un clic (Defender for Servers, Storage, SQL, Containers…). Ces plans avancés sont payants et se déclenchent souvent avec un essai gratuit de 30 jours qui bascule ensuite en facturation automatique. Toujours choisir l’activation plan par plan et vérifier que seul le plan gratuit (Foundational CSPM) est coché.

11.2 Consulter le Secure Score

Microsoft Defender for Cloud → Vue d’ensemble. Lecture gratuite, aucune action payante requise pour la consulter.

Vue d'ensemble de Defender for Cloud
Vue d’ensemble de Defender for Cloud : le Secure Score et les recommandations sont consultables gratuitement.

Étape 12 — Fondations réseau (optionnel)

Cette étape n’est utile que si un service hébergé dans un réseau privé est envisagé. Pour un périmètre 100 % gratuit avec App Service, Static Web Apps ou Azure SQL (étape 8), elle n’est généralement pas nécessaire : ces services fonctionnent sans VNet dédié.

12.1 Créer un réseau virtuel dédié (si besoin réel)

Un VNet et ses sous-réseaux (subnets) sont gratuits en eux-mêmes — seules les ressources déployées à l’intérieur (VM, passerelles) sont facturées. Nommer par exemple vnet-asfy-free.

Danger — le vrai risque n’est pas le réseau, c’est ce qu’on met dedansUn VNet vide ne coûte rien. Le risque apparaît dès qu’une VM, une passerelle VPN, un Load Balancer ou une adresse IP publique statique y est ajoutée (tous exclus des services toujours gratuits, voir étape 8). Pour un objectif zéro frais durable, la recommandation de ce guide est de ne pas créer de VNet tant qu’aucun service payant n’est délibérément accepté, et de privilégier App Service / Static Web Apps / Azure Functions, qui n’exigent pas de réseau privé pour fonctionner.
Schéma de référence d’un réseau virtuel vnet-asfy-free avec deux sous-réseaux VNet : vnet-asfy-free (10.20.0.0/16) — gratuit en soi subnet-web 10.20.1.0/24 NSG : refuse tout, sauf 443/80 entrant subnet-data 10.20.2.0/24 NSG : refuse tout, sauf flux interne
Schéma de référence si un VNet devient nécessaire plus tard : le VNet et les sous-réseaux eux-mêmes restent gratuits, seules les ressources qui y seraient déployées détermineraient un coût éventuel.

Vérification — checklist de validation finale

À cocher une fois chaque point vérifié dans le portail Azure :

  • Abonnement créé sur l’offre gratuite (Essai gratuit), pas Pay-As-You-Go direct (étape 1.4)
  • Compte administrateur sécurisé avec MFA (étape 2.2)
  • Compte de secours (break-glass) créé, identifiants stockés hors-ligne (étape 2.3)
  • Mécanisme du plafond de dépenses compris : ce qu’il couvre, jusqu’à quand (étape 3)
  • Domaine asfy.fr ajouté et vérifié dans Microsoft Entra ID (étape 4.4)
  • Paramètres de sécurité par défaut activés, aucune licence P1/P2 en essai (étape 5.1)
  • Groupe de ressources dédié au périmètre gratuit avec tags (étapes 6.2-6.3)
  • Région France Central retenue (étape 7.1)
  • Toute ressource créée utilise un SKU de la liste « toujours gratuit » (étape 8)
  • Azure SQL, si utilisée, configurée en « Auto-pause jusqu’au mois prochain » (étape 8)
  • Aucune VM, IP publique statique, Load Balancer ou passerelle VPN créée (étape 8)
  • Budget à seuil bas (ex. 5 euros) avec alertes multiples configuré (étapes 9.1-9.2)
  • Habitude de vérification quotidienne des coûts prise pour les 3 premières semaines (étape 9.3)
  • Coupure automatique par budget envisagée si des VM sont utilisées un jour (étape 10)
  • Defender for Cloud plan gratuit uniquement, aucun plan payant activé (étape 11.1)

Référence — glossaire rapide

Sigle / terme Signification
Entra ID Nouveau nom d’Azure Active Directory : l’annuaire d’identité du tenant.
MFA Multi-Factor Authentication : authentification multifacteur.
SKU Le niveau tarifaire d’un service (ex. Free, Basic, Standard) — détermine s’il est gratuit ou payant.
Plafond de dépenses Mécanisme qui bloque toute facturation au-delà du crédit, actif seulement sur le compte gratuit des 30 premiers jours.
vCore-seconde Unité de mesure du calcul consommé par une base Azure SQL serverless (nombre de vCores multiplié par le temps actif, en secondes).
Auto-pause Fonction qui met une base de données en veille après inactivité, interrompant la consommation de vCore-secondes.
RG Resource Group, groupe de ressources : dossier logique de ressources liées.
Action Group Composant Azure Monitor qui déclenche une ou plusieurs actions (email, runbook…) en réponse à une alerte.

Suite — pour aller plus loin, sans sortir du gratuit

Une fois ces fondations en place, plusieurs services toujours gratuits permettent de faire évoluer l’usage sans jamais engager de frais :

Besoin Service toujours gratuit à explorer
Héberger un site ou une petite app web App Service (SKU Free) ou Static Web Apps (plan Free) selon que le contenu est dynamique ou statique.
Stocker des données structurées Azure SQL Database (offre gratuite), en mode Auto-pause.
Exécuter du code à la demande Azure Functions, plan Consommation, dans la limite du volume gratuit mensuel.
Automatiser des tâches d’administration Azure Automation, dans la limite des minutes gratuites mensuelles.
Astuce — avant tout nouveau serviceLe réflexe à garder : avant de créer une nouvelle ressource, vérifier sur azure.microsoft.com/pricing/free-services si un SKU gratuit existe pour ce service, et choisir explicitement ce SKU à la création — le portail propose souvent un SKU payant par défaut.

Crédits des captures d’écran : documentation Microsoft Learn, © Microsoft, publiée sous licence CC BY 4.0 — les liens vers les pages d’origine figurent dans la médiathèque du site.